Merci à tous ceux qui sont venus vendredi dernier à notre journée spéciale consacrée aux Femmes prendre part à ces riches échanges sur l’égalité des droits et l’émancipation des genres, notamment par le biais du vêtement.

N’oublions pas que le textile est un secteur où 80% des personnes qui y travaillent au niveau mondial sont des femmes. Le drame du Rana Plaza au Bangladesh le 24 avril 2013, qui a fait plus de 1100 morts et des milliers de blessés lors de l’effondrement d’une usine de confection textile, a donc mis en exergue la précarité des conditions de travail, en particulier des femmes.

Près de 15 ans après l’avènement dans les années 2000 de la « Fast Fashion », inventée par la grande distribution prônant la production à moindre coût, ce drame a également fait écho à la désindustrialisation textile en France qui a également touché une majorité de femmes.

 La délocalisation massive en Asie du Sud-Est a sacrifié plusieurs dizaines de milliers d’emplois : ceux de femmes ouvrières ou mécaniciennes qualifiées, souvent issues de l’immigration ou de classes populaires, dans les usines textiles, en particulier du Nord de la France. Ceci a eu pour conséquences, entre autres, la perte de savoir-faire et d’une tradition manufacturière française, et la précarisation de populations déjà fragilisées.

La croissance de la « Fast Fashion » a également sacrifié toute une génération de créatifs (stylistes, modélistes, bureaux d’études, experts production, etc…) au profit d’une génération de nouveaux métiers issus du marketing (chefs de produit, acheteurs, gestionnaires, etc.) capables de négocier à l’autre bout du monde les achats au profit des marges, fragilisant encore plus indirectement la précarisation des femmes dans le textile ainsi que la valeur ajoutée du produit (il y a forcément de la misère cachée derrière un tee-shirt à moins de 10 €). Une autre menace pesant sur la distribution est l’avènement du modèle Amazon qui détruit progressivement dans le monde le commerce de proximité, où officient également de nombreuses femmes.

Les femmes sont donc en première ligne face aux désastres écologiques, humains, sociétaux et économiques d’une industrie qui englobe toute une chaîne de valeur allant de l’agriculture à la consommation en passant par la confection et la distribution.

En parallèle, apparaît aujourd’hui une nouvelle génération de créatifs, majoritairement des femmes, souhaitant s’engager contre l’uniformisation et exercer leur métier dans le respect de l’Homme et de la nature. Cette génération est incarnée dans le label UAMEP, composé essentiellement de femmes (non-choix), et qui oeuvrent tous les jours organiquement en faveur de l’emploi et de l’entrepreneuriat au féminin contre le « plafond de de verre », la cohésion sociale et l’égalité femme-homme.

Merci et bravo à ELLES